Diagnostic par le pouls en médecine chinoise : positions et types
Le diagnostic par le pouls (mai zhen) est une technique de palpation de la médecine traditionnelle chinoise dans laquelle on évalue le pouls radial des deux poignets en trois positions (cun, guan et chi) et à trois profondeurs. Sa vitesse, sa force, son rythme et sa forme sont interprétés comme le reflet de l'état du Qi, du Sang et des organes.

Points clés
- Le pouls se prend sur l'artère radiale des deux poignets, dans une zone appelée cunkou.
- On utilise trois doigts sur trois positions : cun (distale), guan (médiane) et chi (proximale).
- Chaque position de chaque poignet est traditionnellement associée à un ou plusieurs organes.
- On évalue la profondeur, la vitesse, la force, le rythme, la largeur et la forme de l'onde.
- La tradition décrit environ 28 types de pouls, bien qu'en pratique plusieurs caractéristiques se combinent.
La prise du pouls, appelée mai zhen (脉诊, mài zhěn), est probablement la technique la plus caractéristique de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) et aussi l'une des plus difficiles à maîtriser. Elle fait partie de la palpation, la quatrième des quatre méthodes diagnostiques. Avec trois doigts posés sur le poignet, le praticien cherche à percevoir non seulement combien de fois le cœur bat par minute, mais aussi la profondeur, la force et la forme du pouls. Selon la tradition, ces qualités reflètent l'état du Qi (气, qì), du Sang (血, xuè) et des organes. Le Huangdi Neijing accorde déjà de l'attention au pouls, et au IIIe siècle Wang Shuhe l'a systématisé dans le Mai Jing (脉经, « Classique du pouls »).
Où prend-on le pouls en médecine chinoise ?
Bien que les textes anciens décrivent plusieurs emplacements, la pratique actuelle se concentre sur le pouls radial des deux poignets, dans la zone appelée cunkou (寸口, cùn kǒu). On y distingue trois positions :
- Cun (寸, cùn) : la plus proche de la main (distale).
- Guan (关, guān) : la position médiane, à la hauteur de l'apophyse styloïde du radius, le petit os qui fait saillie au poignet.
- Chi (尺, chǐ) : la plus proche du coude (proximale).
Le praticien repère d'abord guan avec le majeur, puis place l'index sur cun et l'annulaire sur chi.
Les trois positions et les organes associés
Chaque position de chaque poignet est traditionnellement liée à un ou plusieurs organes Zang Fu. La répartition la plus répandue est la suivante, bien qu'il existe des variantes selon les écoles :
| Position | Poignet gauche | Poignet droit | Région traditionnelle |
|---|---|---|---|
| Cun (distale) | Cœur | Poumon | Réchauffeur supérieur (thorax) |
| Guan (médiane) | Foie et Vésicule Biliaire | Rate et Estomac | Réchauffeur moyen (haut de l'abdomen) |
| Chi (proximale) | Rein (yin) | Rein (yang) | Réchauffeur inférieur (bas de l'abdomen) |
Ainsi, par exemple, un pouls faible en position chi des deux poignets serait interprété comme un signe de faiblesse du Rein.
Les trois profondeurs et les qualités du pouls
Outre les positions, on évalue trois niveaux de pression : superficiel (pression légère), moyen et profond (pression ferme). Traditionnellement, le niveau superficiel est lié à l'extérieur et au Qi, et le niveau profond à l'intérieur, au Sang et au yin.
À chaque position et à chaque niveau, le praticien prête attention à :
- La profondeur : si le pouls se perçoit mieux en surface ou en profondeur.
- La vitesse : traditionnellement, elle se mesurait en battements par cycle respiratoire du praticien ; on considère comme normaux environ quatre ou cinq battements par respiration.
- La force : s'il frappe avec force ou s'il est faible.
- Le rythme : régulier ou irrégulier.
- La largeur et la longueur : fin ou ample, court ou long.
- La forme de l'onde : fluide, tendue, saccadée, etc.
Un pouls considéré comme sain est régulier, ni superficiel ni profond, ni rapide ni lent, d'une force modérée et d'une qualité douce et souple. La tradition dit qu'il a « de l'esprit, du Qi de l'Estomac et de la racine ».
Pouls courants et leur interprétation traditionnelle
La tradition décrit environ 28 types de pouls. Li Shizhen, auteur du Bencao Gangmu, en a décrit 27 dans un traité sur le pouls devenu une référence. Voici quelques-uns des plus courants :
| Pouls | Hanzi et pinyin | Description | Interprétation traditionnelle |
|---|---|---|---|
| Superficiel | 浮, fú | Se sent avec une pression légère et s'affaiblit quand on appuie | Schéma extérieur |
| Profond | 沉, chén | Ne se perçoit qu'avec une pression ferme | Schéma intérieur |
| Lent | 迟, chí | Moins de quatre battements par respiration | Froid |
| Rapide | 数, shuò | Plus de cinq battements par respiration | Chaleur |
| Faible ou vide | 虚, xū | Sans force à tous les niveaux | Vide de Qi ou de Sang |
| Plein | 实, shí | Fort à tous les niveaux | Plénitude ou excès |
| Glissant | 滑, huá | Fluide, comme des perles qui roulent | Glaires, humidité, rétention alimentaire ; également pendant la grossesse |
| Rugueux | 涩, sè | Râpeux, saccadé | Stagnation ou vide de Sang |
| En corde | 弦, xián | Tendu, comme la corde d'un instrument | Trouble du Foie, douleur |
| Serré | 紧, jǐn | Tendu, comme une corde torsadée | Froid, douleur |
| Fin | 细, xì | Mince comme un fil, mais net | Vide de Sang ou de yin |
Comme on peut le constater, les premiers couples du tableau correspondent aux huit principes : extérieur et intérieur, froid et chaleur, vide et plénitude.
Comment prend-on le pouls en consultation ?
La tradition recommande de prendre le pouls lorsque la personne est calme, assise ou allongée, après quelques minutes de repos et le bras détendu à hauteur du cœur. Il convient d'éviter de le faire juste après avoir mangé, fait de l'exercice ou bu du café. Le praticien explore d'abord les trois positions en même temps, puis chacune séparément, sur les deux poignets, pendant au moins une minute. Le résultat est comparé avec ce qui a été observé lors du diagnostic par la langue et de l'interrogatoire.
Limites scientifiques du diagnostic par le pouls
La prise du pouls selon la MTC est une compétence subjective qui dépend beaucoup de l'expérience. Les travaux qui ont évalué sa fiabilité suggèrent que la concordance entre praticiens est variable et souvent faible, et il n'est pas démontré qu'elle permette de détecter des maladies précises. Des capteurs sont en cours de développement pour enregistrer le pouls de façon objective, mais leur utilité clinique n'a pas encore été établie.
C'est pourquoi le pouls chinois doit être compris dans son cadre traditionnel. Un pouls très irrégulier, très rapide ou très lent, ou accompagné de vertiges, d'une douleur thoracique ou d'un essoufflement, nécessite une évaluation médicale immédiate.
Questions fréquentes
Que sont les positions cun, guan et chi ?
Ce sont les trois positions entre lesquelles se divise le pouls radial au poignet. Guan (关) se situe à la hauteur de l'apophyse styloïde du radius ; cun (寸) se trouve juste en avant, vers la main ; et chi (尺) se trouve en arrière, vers le coude. Le praticien place l'index sur cun, le majeur sur guan et l'annulaire sur chi, et les évalue sur les deux poignets.
Combien de types de pouls existe-t-il en médecine chinoise ?
La tradition décrit habituellement 28 types de pouls, une classification recueillie dans des ouvrages classiques comme ceux de Li Shizhen, qui en décrivit 27, et élargie par la suite. Parmi les plus courants figurent les pouls superficiel, profond, lent, rapide, faible, plein, glissant, rugueux, en corde et fin. En pratique, le pouls d'une personne combine généralement plusieurs de ces caractéristiques.
Peut-on diagnostiquer une maladie uniquement par le pouls ?
La tradition insiste sur le fait que le pouls doit être évalué avec la langue, l'observation et l'interrogatoire, jamais de façon isolée. En outre, le diagnostic par le pouls identifie des schémas de la médecine chinoise, pas des maladies précises. Il n'existe pas de preuves solides qu'il permette de détecter des maladies, et son interprétation varie beaucoup d'un praticien à l'autre.
En quoi diffère-t-il du pouls que prend le médecin ?
En médecine conventionnelle, le pouls se prend surtout pour mesurer la fréquence cardiaque, le rythme et parfois l'amplitude. En médecine chinoise, on évalue en outre la profondeur, la forme de l'onde et les différences entre les trois positions de chaque poignet, qui sont liées à différents organes selon la théorie traditionnelle.
Avertissement sanitaire. Ce contenu est un contenu de vulgarisation qui décrit des concepts de la médecine traditionnelle chinoise ainsi que les preuves scientifiques disponibles. Il ne remplace pas le diagnostic ni le traitement d'un professionnel de santé. En cas de symptômes persistants ou graves, consultez votre médecin. Guide de sécurité.